Quand le diabète gestationnel s’est incrusté dans ma grossesse

L’on passe généralement toutes par-là en tant que future maman.

L’instant tant attendu lors de notre «routine 2», quand on te présentera un petit verre contenant un liquide d’une teinte orangée plutôt suspecte, et que l’on te demandera de le boire en un temps record, sans régurgiter, afin de vérifier si une promotion t’attend.

Quelle promotion?

Soit celle d’apprendre que tu devras vivre tes prochaines semaines de grossesse avec celui qu’on appelle affectueusement DG, mieux connu sous le nom de diabète gestationnel.

Si comme moi, tu es l’une des élues de son cœur, probablement es-tu passée au travers d’une gamme d’émotions telles: la surprise, la culpabilité et le découragement?

Probablement t’es-tu demandé ce que tu aurais pu faire de mieux, car le mot «DIABÈTE» à lui seul te fait autant trembler d’inquiétudes que le faisait le Bonhomme Sept Heures lors de ton enfance?

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Très vite, on te rassurera en te disant que tu n’y pouvais rien, que cette forme de diabète est influencée par tes hormones (lesquelles, bien entendu, tu affectionnais déjà) et que dès l’expulsion du placenta, tu as de grandes chances de divorcer de ton DG chéri.

Au cours des prochaines semaines, tu deviendras une experte en nutrition, et peut-être regretteras-tu de ne pas avoir pensé à faire des études dans cette discipline.                   

Tu deviendras une pro en la matière, car l’on te demandera de suivre une diète faible en glucides, catégorie d’aliments qui, de toute manière, ne te faisait probablement pas du tout envie en tant que femme enceinte 😉

Il te faudra calculer toutes les portions provenant de chacun des groupes alimentaires que tu ingéreras, et tu pourras ajouter une nouvelle compétence à ton curriculum vitae, soit celle d’être une lectrice hors pair des étiquettes nutritionnelles inscrites sur les aliments.

Fini les muffins aux allures de gâteaux, adieu croustilles chéries qui te font constamment envie, et tu tourneras même le dos aux grosses poutines décorées de frites bien grasses.

Ahhh! J’ai moi-même passé au travers trois diabètes gestationnels, et j’avoue avoir eu fréquemment l’eau à la bouche à la simple vue d’un jus de pomme.

En cours de grossesse, il m’arrivait d’avoir besoin de «jouer à la victime», ne comprenant pas du tout pourquoi j’avais été choisie, MOI! Et ces périodes d’apitoiement étaient plutôt positives dans mon cas, car elles me permettaient ensuite de m’ouvrir les yeux aux bienfaits que mon cher DG a pu amener dans ma vie.

Pensons-y un instant, il est certes désagréable de tout calculer et de se priver autant (sans parler des nombreuses piqûres que tu dois t’affliger). MAIS, le diabète de grossesse m’a obligé à m’arrêter un moment pour réfléchir à mon alimentation de maman et de femme qui court constamment contre la montre, ce que je n’aurais probablement pas fait de sitôt dans une autre situation. J’ai maintenant acquis de nouvelles habitudes alimentaires, beaucoup plus saines pour moi et ma famille, et je compte bien les conserver avec le temps. Je ne suis pas parfaite, loin de là! J’ai recommencé à manger des plats à base de riz, ainsi que des petits jujubes aux framboises. Seulement, je me suis aperçue que de simples petits gestes peuvent faire la différence dans notre alimentation familiale, ce qui m’a permis de sortir de ma zone de confort.

Enfin, il est loin d’être agréable de se faire imposer un régime strict à l’annonce d’une condition telle que celle du diabète de grossesse.

Cependant, en prenant le temps de l’apprivoiser et en lâchant prise, j’ai beaucoup appris sur moi-même et sur les choix alimentaires que notre société de consommation nous propose. J’ai découvert des alternatives à mes anciennes fringales, qui me comblent parfaitement (ou presque :P). Certes, j’ai repris certaines de mes vieilles habitudes, mais une chose est sure, je compte continuer à prendre le temps de m’intéresser à ce que je mange pour savourer pleinement les vertus d’une saine alimentation… en ingérant un Gummy Bear par-ci, par-là.

Noëmie