Quand on compte en mois

Quand le 13 mars est arrivé dans nos vies, je comptais le temps en jour. Depuis combien de jours ne voyons-nous plus nos proches? Ça fait combien de jours que nous ne sortons plus de la maison, que les règlements sont plus élastiques? Ensuite, nous avons commencé à compter en semaines. Combien de semaines ça prendra avant de pouvoir serrer d’autres personnes dans mes bras? Combien de semaines passeront encore avant que mes enfants puissent jouer avec leurs amis?

Vivez l'expérience Agatha
En ligne ou en boutiques
Magasiner

Bientôt, nous compterons en mois, depuis combien de mois les rencontres virtuelles auront remplacé les soupers familiaux?

Depuis combien de mois notre si belle liberté est mise de côté pour contrôler un être si petit qu’il ne peut être vu?

Une chance que j’ai mes amours pour me tenir en ce moment. Grâce à mes enfants, nous nous habillons tous les jours, nous sortons dehors, nous nous tenons loin des nouvelles en continu. Grâce à eux, il y a des rires dans la maison, des moments que nous voulons immortaliser, nous sommes obligés de rester positifs, au moins un peu.

Le plus difficile c’est quand ils sont couchés, c’est souvent là que mon sourire s’efface, que j’ai envie de juste être de mauvaise humeur. Dans les premières semaines, je trouvais les initiatives web une excellente idée, mais plus le temps passe, moins j’ai d’énergie le soir pour commencer quelque chose. Je suis épuisée d’attendre plusieurs semaines pour avoir un seul casse-tête pour changer le mal de place, tannée de ne plus aller faire l’épicerie avec mes enfants, fatiguée de faire des compromis alors que d’autres ne suivent pas les consignes gouvernementales.

Malgré tout, je continue, je me lève avec le sourire presque tous les matins, je continue le télétravail et la conciliation travail/famille.

J’essaie d’être celle qui reste de bonne humeur, celle qui a encore des idées d’activités, qui tient les règlements à bout de bras, à bout de force. Nous continuons de faire nos routines, pas trop de télé et surtout des repas en famille. Nous tentons d’avoir des moments hors de l’ordinaire, de recevoir du restaurant une fois de temps en temps pour voir le sourire de mes enfants et de mon fiancé.

Nous avons la chance d’être tous les deux au travail, ce n’est pas simple à concilier, mais nous y arrivons.

Nous avons la chance d’être en confinement avec nos enfants, de ne pas trop avoir peur de les rendre malades. Notre gros dilemme en ce moment c’est le retour en CPE. Peut-être un temps partiel serait une bonne option? Un petit moment de travail sans enfant pour les parents et de jeux avec un ou une autre ami(e) pour mes amours?

Nous ne savons pas, nous avançons un jour à la fois, nous ne savons pas si les mesures vont rester en place ou non, nous ne savons pas combien de temps tout ça va durer. Mais il faut rester positif pour eux, pour qu’ils grandissent sans trop de crainte, en voyant ce moment de pause comme de beaux moments en famille.

Josiane