Séparation, ce mot qui me hante

Séparation. Ce n’est pas un mot que les gens aiment entendre habituellement. Ça rime rarement avec «bonheur». C’est parfois temporaire, parfois pour le mieux. Mais il reste que la séparation demeure difficile et n’est pas sans obstacle à surmonter. Dans mon cas, ça ne m’a jamais vraiment effrayée. Je suis plutôt du genre «fonceur» et à croire que rien n’arrive pour rien. Pourtant maintenant, ce mot a pris une toute autre signification. Il m’obsède, chose dont je ne me préoccupais pas avant.

Depuis bientôt deux ans, j’angoisse à l’idée d’être séparée de ma fille.

Comprenez-moi bien. Je ne parle pas l’instant de quelques heures, d’une soirée, d’une nuit ou encore, de quelques jours. Elle s’est même fait garder à maintes reprises depuis sa naissance et par différentes personnes (un gros plus aujourd’hui, puisque cela lui a permis de s’adapter facilement, avec n’importe qui et n’importe où).

Je parle plutôt d’être séparée d’elle, sans que ce ne soit le choix d’une d’entre nous deux.

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Depuis sa naissance, je redoute toutes les choses qui pourraient la prendre à moi.

À commencer par la MSN (mort subite du nourrisson).

Celle qui guette tous les nouveaux parents, certains plus que d’autres. Celle qui nous vole ce que l’on a de plus précieux alors que nous l’avions confié à Morphée pour la nuit. Celle qui nous laisse dans l’incompréhension. Celle qui nous ronge de l’intérieur.

Ensuite, vient «la seconde de trop».

Celle qui ouvre la porte à des incidents comme la piscine ou la rue. Celle qui transforme les accidents en remords pour l’éternité. Celle dont on n’est parfois pas responsable, mais qui nous fera tout de même sentir coupable. Celle qui nous pousse à dire «j’aurais tellement dû». Celle qui change la destinée et le reste de nos jours.

Comme si ce n’était pas assez, se rajoutent à ça les monstres.

Et quand je parle de monstres, je ne fais pas référence aux personnages imaginaires qui se cachent sous notre lit. Je parle de ces personnes qui cherchent à faire du mal pour le plaisir et la satisfaction que ça leur procure. Celles qui, selon moi, ne devraient jamais venir au monde. Celles qui nous arrachent sans scrupule l’amour de notre vie. Celles dont il faut se méfier, partout. Celles qu’on croise sans jamais imaginer qu’elles pourraient représenter le «pire».

Finalement, la fatidique qu’est la mort en elle-même.

La mienne comme la sienne. Celle qui est irréversible, inévitable. Celle qui peut arriver à tout moment. Celle qui trouve sa source n’importe où comme dans la maladie ou l’accident de voiture. Celle qui ne nous laisse que peu ou pas de temps (et rarement de qualité). Celle qui ne nous laisse aucune chance. Celle qui n’épargne personne. Celle qui n’a pas de pitié.

La vie ne tient qu’à un fil comme on dit. Croyez-moi que je fais tout mon possible pour qu’on y soit toutes les deux bien accrochées. J’essaie de profiter de chaque instant, je savoure chaque seconde. Mais je n’ose pas imaginer. Je n’ai aucune idée de comment je passerais à travers. Depuis bientôt deux ans, «séparation» me hante tout le temps.

À tous les parents qui ont eu à traverser ou qui affrontent l’une de ces épreuves, j’ai une pensée pour vous.

Du deuil périnatal, à l’enfant oublié dans une voiture, à l’enfant qui se bat pour sa vie chaque jour, alité dans son petit lit d’hôpital, et j’en passe… personne ne devrait avoir à vivre ça. Aucun parent ne devrait perdre son enfant ou encore, ne pas avoir la possibilité de le voir grandir et de pouvoir le connaître. Et aux enfants qui ont perdu un parent, du jour au lendemain ou à la suite de plusieurs mois de souffrance, j’ai une pensée pour vous aussi.

Kim B.