Sujet sensible: la discipline

Je vais commencer ce texte en mentionnant ceci: il ne s’agit pas d’un texte de jugement. Chacun élève son/ses enfant(s) du mieux qu’il peut et surtout, avec amour.

Mais, je ne peux m’empêcher de me poser cette question: qu’est devenue la discipline aujourd’hui?

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Pourquoi je me pose cette question? Ma fille a commencé la maternelle cette année. Les enfants de certains amis également. On doit avouer, ça change nos enfants. Vous me direz, c’est normal! Ça fait partie du processus d’apprentissage, d’évolution de ce petit humain. Je suis entièrement d’accord. Là où je me questionne, c’est quand je compare l’attitude de nos enfants versus celle des enfants de «notre temp » (puis si on pousse plus loin, on pourrait également comparer notre éducation à celle de nos parents!).

Il est arrivé quelques situations, chez moi ou ailleurs, où j’ai observé un comportement chez l’enfant qui ne me serait JAMAIS venu à l’idée d’adopter en face de mes parents.

Des mots, des gestes…Ça doit bien venir de quelque part tout ça, non? Je ne parle pas d’une simple opposition ou d’un «je t’aime pu» dit bien fort, je parle de mots et de gestes «d’adulte», comme un père qui se fait traiter de «con» ou une mère qui reçoit un «fuck you» en plein visage. Au primaire. Voir même en garderie. Ce ne sont pas des cas isolés. Ce ne sont pas des enfants qui proviennent de milieux défavorisés. Ils ont tous des parents aimants.

J’entends et je vois parfois certaines choses et je me dis «Seigneur, si j’avais osé, je pense que je ne serai pas vivante aujourd’hui!» (prendre ceci au second degré, mes parents ne m’auraient jamais fait de mal). Ceci dit, quand j’étais petite, j’avais peur des conséquences, je pouvais craindre la réaction de mes parents. On ne parlera pas ici de «fessée» ou de «conséquence physique», ça partirait un tout autre débat et je suis d’avis qu’il existe une multitude de façons de discipliner.

Toutefois, je pense qu’aujourd’hui, les enfants (je parle ici de façon générale) n’ont plus «peur» des conséquences ou des réactions de leurs parents.

Ils négocient tout. Et je me questionne à savoir si cela est bon. On a tendance à mettre de côté la discipline et à la mélanger avec la négociation. Dans la vie, tout ne se négocie pas et j’ai peur de ce qu’on enseigne à nos enfants en négociant, plutôt que d’exiger. Il y a des attitudes qui ne doivent pas être tolérées sous aucun prétexte. C’est comme ça dans la vie tsé. Il y a des choses qui ne sont pas tolérées par la société et les conséquences qui viennent avec elles.

Comprenez-moi bien: je ne dis pas que l’éducation doit passer par la peur, la dictature ou la violence. Je pense toutefois que dans certaines situations, il n’y a pas place à la négociation ou à la «discipline positive». Je pense qu’il y a mille et une façons de faire de la discipline, mais qu’il y a également mille et une situations où l’on doit opter pour une discipline appropriée, qui ne laisse place à aucune négociation et qui fait bien comprendre qu’il n’y aura pas de deuxième chance.

Je ne souhaite pas revenir au coup de ceinture et à la peur viscérale de voir entrer son père à la fin d’une journée de travail, ce serait reculer dans l’évolution humaine. Par contre, je pense qu’il est temps de mettre notre pied à terre et de cesser d’avoir peur de «blesser l’enfant».

Notre rôle est de veiller à leur bien-être, maintenant, mais également plus tard.

Dans la vie d’adulte, il y a des conséquences à nos gestes. Il ne faudrait pas qu’on oublie de leur dire.

Sans conséquence, une société peut-elle fonctionner?

Patricia L.