TA maternité à TOI, Partie 1

J’ai été très étonnée récemment en discutant avec des mamans/futures mamans dans mon entourage, de proche ou de loin. Étonnée de voir à quel point, il y a encore des sujets considérés comme «tabous». Et je n’ai pas trop compris pourquoi. Est-ce une idée que se font les femmes qui vivent un parcours qui sort un peu de «l’ordinaire»? Ou est-ce vraiment la société qui juge encore certains aspects de la maternité?

Dans ces sujets, il y a entre autres la difficulté à concevoir, le décès périnatal, la grossesse difficile (autant physiquement que mentalement), l’accouchement difficile et le post-partum.

Je comprends que certains sujets puissent être délicats, principalement pour l’entourage qui, dans certaines situations, peut ne pas savoir comment agir. Je comprends que certains sujets puissent être difficiles à accepter personnellement, car nous avons probablement toutes une image de la maternité que nous avons envie de vivre. Mais avoir honte, considérer ces sujets comme «tabous»… Je ne comprends pas. Et là, ne me méprenez pas! Je ne juge ABSOLUMENT pas les femmes qui peuvent se sentir ainsi.

En fait, ça me brise le cœur que des femmes se sentent ainsi. Et ça me choque énormément si ce sont des jugements ou des gens qui ont fait en sorte que des femmes se sentent ainsi.

Alors si ça peut faire en sorte que tu te sentes moins seule dans ta situation, si ça peut faire en sorte que tu déculpabilises, j’aurais envie de te parler de MA première expérience de maternité à MOI.

J’ai toujours dit à mes amies qu’avec moi elles auraient l’heure juste.

Je ne dirai rien pour te faire peur, mais je ne serai pas non plus celle qui te vantera la maternité comme si tout était beau, parfait et magique.

 

JE N’AI PAS AIMÉ ÊTRE ENCEINTE.

Je pensais que le jour où je serais enceinte, je passerais mon temps à cajoler mon ventre et à parler à mon bébé. Mais ce ne fut pas le cas. J’ai presque détesté être enceinte. On dirait que je ne voyais que les aspects négatifs, les efforts ou les concessions que ça me demandait et ce, même si je le faisais pour le plus beau cadeau du monde (on me l’a rappelé tellement souvent!). Il reste que j’étais un peu mécontente du fait que j’étais la seule à vivre les désagréments et à faire les sacrifices, alors que, par exemple, mon conjoint qui vivrait la même aventure que moi, ne passait pas du tout par tout ça.

Et non, à ma première grossesse, les moments uniques que moi je vivais et que lui ne vivait pas, ne compensaient pas pour le reste.

Je me sentais seule, à la merci de mes hormones et j’avais l’impression d’entrevoir tous les aspects de ma vie d’un autre œil, qui ne me plaisait pas particulièrement.

 

J’AI TROUVÉ EXTRÊMENTMENT DIFFICILE DE PRENDRE DU POIDS ET DE VOIR MON CORPS CHANGER. 

Alors que tous se faisaient un plaisir de me dire que c’était pour une «bonne cause», ça ne changeait rien au fait que l’expérience ne me plaisait pas du tout. Je savais que je vivais ces changements pour une raison bien précise, mais je trouvais ça dur tout de même. Mon corps, c’est l’enveloppe que je vais garder pour le restant de mes jours.

J’avais peur de ne pas retrouver mon poids antérieur et j’anticipais les traces que cette grossesse laisserait sur mon corps.

C’est toute une acceptation à faire puisque les marques ne partent pas au moment de l’accouchement et restent sur le corps pour toute la vie. Et comme on n’a aucun contrôle sur ce qu’elles ont l’air ou où elles sont placées, je trouvais ça encore plus difficile. C’était aussi mon enveloppe corporelle sur laquelle je gardais un certain contrôle depuis des années et là, de le perdre complètement, ça m’a déstabilisée.

 

JE N’AI PAS VÉCU LA GROSSESSE QUE JE M’ÉTAIS IMAGINÉE. 

À 29 semaines de grossesse, sans aucun avertissement, mon corps s’est mis en mode pré-travail. J’ai eu mes premières contractions, très régulières, aux 5 minutes (et ce, jusqu’à la toute fin de ma grossesse).

J’ai dû être hospitalisée à deux reprises. J’ai dû être alitée complètement 24 heures sur 24 jusqu’à 36 semaines.

J’ai dû abandonner la préparation de l’arrivée de mon bébé. J’ai dû abandonner ma vie sexuelle (bin oui, je vous confirme que c’est tout un défi!). J’ai dû abandonner de voir mes proches autant que je l’aurais voulu afin de profiter de ma grossesse avec eux. J’ai dû abandonner toutes les activités possibles pour préparer ma fin de grossesse, pour me stimuler intellectuellement, socialement et mentalement. Vous dire à quel point mon moral en a pris un coup… Et mon corps par le fait même!

Kim B.

*Lire la partie 2 de ce texte.

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À propos de l'autrice

Kim Barrette

Maman d’une charmante petite fille qu’elle surnomme affectueusement sa coccinelle, Kim Barrette attend le passage de la cigogne prochainement. Son souhait: une famille tissée serrée où la communication et le respect sont à l’honneur. Sa plume est franche avec une touche d’humour.

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