Voyager avec bébé, oui, mais…

On faisait un voyage par année avant l’arrivée de la douce. On avait donc prévu partir avec elle plus d’une fois pour profiter des vols gratuits avant ses deux ans. On est pas fou, on savait que ça allait être un défi, alors on a mis toutes les chances de notre côté pour que ce soit le plus simple possible. On a débuté par une semaine dans un resort au Mexique. Un tout inclus, ça sonnait comme une pratique pour nous. On a pris une agence de voyage pour s’assurer d’un hôtel adapté et réputé. On est parti avec belle-maman et belle-sœur pour avoir un coup de main. Et pour être vraiment, vraiment certaine de rien oublier, j’ai lu beaucoup sur le sujet (ma bible : Le guide des parents voyageurs de Sophie Reis. Tout ce qu’on veut savoir est dans ce bouquin). Nos valises étaient A1, on était prêts.

Vivez l'expérience Agatha
En ligne ou en boutiques
Magasiner

Comprenez moi bien, mon objectif n’est pas de décourager personne, mais j’ai envie de vous partager mes constats, à la fois positifs et négatifs, parce que oui, ça peut aussi être difficile de voyager avec son bébé.

Les constats pas le fun:

-L’avion, c’est épuisant.

Même si elle a été relativement patiente, même si on pouvait se la passer entre 4 paires de bras, j’ai trouvé ça difficile. Notre vol est parti 1h30 en retard, mais ce temps-là, on l’a passé dans l’avion avec un bébé en pleurs! Tsé, ça l’air que ça prend des passagers pour aller mettre du gaz. Danser avec bébé en portage pour l’endormir pendant plusieurs minutes, essayer de trouver un coin où il y a moins de distractions, arriver à endormir bébé, entendre la consigne de retourner s’asseoir parce qu’il y a des turbulences, réveiller bébé, c’est pas ce qu’il y a de plus plaisant.

-Une chambre d’hôtel, c’est pas nécessairement un lieu « baby friendly ».

Des fils de lampes à arracher, des dessous de lits pas propres, une toilette nouvelle à explorer (je comprendrai jamais pourquoi escalader une toilette est un jeu si passionnant), bref, on court derrière bébé. Et même lorsqu’on arrive à adapter un peu l’endroit, il y a toujours une chose qu’on ne contrôle pas : les bruits extérieurs. Les gens un peu loud qui reviennent du bar en plein milieu de la nuit, le staff qui se parle sur les walkie talkie (on se sent toujours un peu dans l’univers de Narcos), les voisins qui paniquent parce que leur chambre est infestée de fourmis à 3h du matin sont autant de sources d’heures de plaisir à tenter de rendormir bébé.

– Les repas, c’est un défi.

Bien vite, on a laissé tomber nos principes de pas de sel, pas de sucre. Après quelques jours, on a aussi baissé nos critères sur ses intolérances au soya et aux produits laitiers. De plus, on a un bébé allergique aux noix ici (information apprise 5 jours avant notre départ). Je vous l’accorde, ça a compliqué le projet. Ça ne semble pas faire écho pour les cuisiniers, ça «bébé peut mourir». Elle a mangé des pâtes blanches et des œufs à chaque jour. Ah oui, et pas mal de purées. On se rappelle que ma valise était A1, on avait une sacrée boîte à lunch. Mais, un bébé qui fait de la DME depuis toujours, ça se tanne vite des purées.

-La suce est un allié, mais avons-nous créé un monstre?

La suce sert au dodo et aux promenades en voiture lorsqu’on est chez nous. On a jamais voulu qu’elle la prenne pour jouer. Notre objectif était juste de l’apaiser. Au Mexique, on lui mettait pour le bain et la piscine afin qu’elle ne boive pas l’eau. Après deux jours, elle la réclamait tout le temps pour tout. Depuis notre retour, j’essaie de les mettre hors de sa vue pour qu’elle ne soit pas tentée par l’objet diabolique, mais je crois que ça va prendre un petit moment pour revenir à nos bonnes vieilles habitudes.

-C’est possible d’être malade même si tu prends toutes les précautions du monde.

Ben oui, on a vécu le scénario que personne ne veut vivre. La hantise du vacancier. On a été malade dans l’avion à notre retour. Pas juste un peu là : je me souviens pas avoir autant vomi dans ma vie (inquiétez-vous pas, je m’arrête là pour les détails). Mon copain, ma belle-mère et moi étions tout simplement non fonctionnels. Du genre que le staff voulait nous sortir en fauteuil roulant à l’arrivée à l’aéroport. S’occuper d’un bébé dans ces conditions c’est juste pas faisable. Heureusement, marraine étant top shape, elle a pu aider fois mille. Malgré tout l’argent dépensé à la clinique du voyageur et à la pharmacie en médicaments de tous genres, malgré le fait que nous n’avons mangé aucun fruit, rien de pas cuit, pas de produits laitiers, que nous allions au buffet à l’ouverture pour pas manger de la nourriture qui traîne là depuis 3 heures et qu’on se brossait les dents avec de l’eau en bouteille, ben malgré tout ça, on a été malade. Misère.

Les constats le FUN !

-Un bébé sociable, c’est merveilleux en voyage.

Lorsqu’on passe un peu trop de temps à la maison, ma poulette s’ennuie et elle me le fait comprendre. On sort beaucoup et quand on ne sort pas, disons que j’ai besoin d’être divertissante. La semaine dans le sud m’a permis de prendre un break de mon rôle d’amuseur public. Les voyageurs que l’on croisait remplissaient pleinement ce rôle. Elle faisait ses plus beaux sourires et on les lui rendait bien. Dès qu’on franchissait la porte de notre chambre, les tatas de la main se faisaient aller.

-Voyager avec bébé, c’est aussi découvrir ses intérêts.

On savait qu’elle était à l’aise avec l’eau, mais on ne s’imaginait pas qu’elle aimerait autant la baignade. Il ne faisait même pas soleil, l’eau était froide et elle pataugeait les yeux pétillants en criant de bonheur. On a aussi découvert une fascination pour les oiseaux. Pas certaine qu’elle va tripper autant sur nos oiseaux locaux. Disons qu’un rouge gorge c’est moins impressionnant qu’un flamand rose ou un paon, mais bon.

-Partir avec de la famille ou des amis, c’est pas juste aidant, c’est essentiel.

Je ne suis pas revenue de voyage reposée, mais ça, on le savait. Au moins, grâce à la famille je ne suis pas revenue avec la batterie complètement à plat. On a même eu la chance d’aller dans les restaurants à la carte quelques fois pendant que belle-maman et belle-sœur veillaient sur bébé qui dormait. J’ai pu faire nos valises sans gérer ma grande exploratrice des salles de bain pas propre. Leur présence a été un facteur essentiel à mon bonheur.

-Un premier voyage, c’est très instructif.

Il y a des choses qu’il faut vivre pour comprendre. Maintenant, on sait pas mal plus quel genre de voyageurs/parents nous sommes. C’était notre premier tout inclus et sans doute notre dernier. Dans un prochain voyage on se munirait d’une cuisine. On sait aussi qu’avec notre poulette très active, on devra être près des divertissements et des gens. La petite villa en campagne, ça le ferait pas.

-Bon ou mauvais, voyager, ça laisse un nombre incalculable de souvenirs.

Elle est trop petite pour se souvenir, mais les photos et nos anecdotes feront partie de son histoire. Quand j’étais enfant, je suis allée à l’île du Prince-Edouard, rien de très impressionnant et je ne m’en souviens pas réellement, mais j’ai les souvenirs racontés qui me suivent depuis toujours. Je me suis éclatée le nez dans la gravelle en me lançant en bas de la van (stationnée, je vous rassure.), je suis la seule à ne pas avoir mal feelée sur le traversier, j’ai volé une balle dans une piscine à balle, j’avais la même robe que ma mère… je pourrais continuer longtemps. Le Mexique, c’est son île du Prince-Édouard à elle.

Au final, est-ce qu’on va revoyager bientôt?

Je ne crois pas. Cette aventure m’a donné envie de faire découvrir un paquet d’endroits merveilleux à ma fille, mais j’ai compris qu’il y a de ces endroits pas mal plus près de chez nous. Pour le moment, le zoo, les parcs aquatiques, les montagnes nous ferons vivre nos moments magiques et quand elle gagnera un peu en autonomie, c’est promis, on repartira.

Valérie T. D.